Tests de chavirage à la BSM
Mai 2007 (2)
On peut assister dans les ports, où se préparent les différentes équipes, à des chavirages de bateaux. Nous sommes en pleine période de contrôle de sécurité afin de vérifier qu’ils sont conformes aux règles de course.
Depuis le Vendée Globe de 1997, les architectes, les coureurs et les organisateurs se sont rendu compte que les monocoques pouvaient rester chavirés en pleine mer. Il y a eu tout d’abord les quatre naufrages dans l’Océan Indien. Puis la découverte du bateau de Gerry Rouf, sur une plage chilienne, huit mois après son chavirage au milieu de l’océan Pacifique et qui était toujours dans la position : quille en l’air.
Il y a donc eu un changement de règlement afin de limiter la puissance des bateaux et de pouvoir vérifier qu’ils soient capables de revenir à l’endroit en toutes circonstances.
Pour cela, il est désormais imposé deux tests majeurs. Le premier consiste à positionner à l’aide d’une grue la coque à l’envers à 180°, sans le mât. Le skipper doit alors, de l’intérieur, revenir à l’endroit par ses propres moyens (remplissage des ballasts ou basculement de la quille). Le second fait basculer le bateau, mâté, à 90° (le mât horizontal), afin de mesurer la force qui s’exerce sur la tête de mât pour maintenir l’ensemble dans cette position instable (voir la photo). Cela permet de vérifier que la quille est suffisamment lourde pour redresser le voilier.
Depuis ces modifications, on a pu assister à des tours du monde sans incident majeur. Lors du dernier Vendée Globe les plus gros pépins ont été les pertes de plusieurs quilles. Cela est du à un manque de connaissance des architectes sur le vieillissement des quilles du aux vibrations à grande vitesse. Ce type de voilier dépassant maintenant les 30 nœuds, il n’est pas facile de simuler par informatique avant la construction ce qu’il s’y passe réellement. Cette année, sur les 17 voiliers neufs qui sortent des chantiers en ce moment, des quilles sont donc plus solides et les coques plus stables.
Ces contrôles améliorent la sécurité des marins tout en ne pénalisant pas les performances de leurs machines conçues pour aller le plus vite possible autour du globe.
Les caractéristiques de ce type de voilier monocoque: longueur 20 mètres, largeur 6 mètres, poids 9 tonnes dont 4 tonnes au bout de la quille de 4,50m de long, mât de 29 mètres, surface de voilure jusqu’à 520 m2. |